Israël-Palestine : comprendre un conflit en quinze minutes
Pourquoi cette guerre dure-t-elle depuis 1948 ? Qui sont les acteurs ? Que change la reconnaissance de la Palestine par la France en 2025 ? Un guide neutre, factuel, sans jargon. Pour celles et ceux qui veulent enfin comprendre.
Le 7 octobre 2023, le mouvement palestinien Hamas attaque le sud d'Israël, tue 1 200 personnes et prend 240 otages. Israël lance en représailles une offensive sur la bande de Gaza qui durera deux ans, faisant plus de 72 000 morts palestiniens selon les chiffres du ministère palestinien de la Santé.
Depuis, vous voyez ces images tous les jours. Mais comprenez-vous ce qui s'est joué ?
Cet article propose une explication chronologique et neutre d'un conflit qui dure depuis 78 ans. Pas de prise de parti. Pas de jargon. Juste les faits, dans l'ordre où ils se sont produits, avec leurs acteurs et leurs chiffres.
Le territoire en question
Tout commence par une bande de terre d'environ 27 000 km² entre la mer Méditerranée et le fleuve Jourdain. Soit un peu plus que la Belgique. Cette région porte plusieurs noms selon les époques et les locuteurs : Palestine, Terre sainte, Eretz Israël, Levant méridional.
Trois religions monothéistes s'y disputent des lieux saints depuis deux millénaires : le judaïsme, le christianisme, l'islam. Mais le conflit moderne — celui dont on parle aujourd'hui — est récent. Il commence à la fin du XIXᵉ siècle.
À cette époque, deux mouvements politiques émergent :
- Le sionisme, théorisé en 1896 par le journaliste juif autrichien Theodor Herzl, qui propose la création d'un foyer national pour les Juifs en Palestine, alors province de l'Empire ottoman. Le mouvement répond aux pogroms et à l'antisémitisme qui frappent l'Europe centrale et orientale.
- Le nationalisme arabe palestinien, qui se développe en parallèle dans les populations locales, opposées à la fois à la domination ottomane et, plus tard, à la colonisation britannique.
Les deux mouvements revendiquent la même terre. C'est le cœur du conflit.
1917-1948 : le mandat britannique
En 1917, la Grande-Bretagne, qui s'apprête à conquérir la Palestine sur l'Empire ottoman, publie la déclaration Balfour — du nom du ministre britannique des Affaires étrangères. Le texte annonce que le gouvernement britannique « envisage favorablement » la création d'un « foyer national juif en Palestine », tout en s'engageant à « protéger les droits des communautés non-juives ».
C'est une promesse que beaucoup d'historiens jugent contradictoire — accordant à un peuple un territoire habité par un autre. Mais elle deviendra le fondement juridique de tout ce qui suit.
De 1920 à 1948, la Société des Nations confie à la Grande-Bretagne un mandat sur la Palestine. Pendant cette période :
- La population juive de Palestine passe de 60 000 à 600 000 personnes, en grande partie via l'immigration européenne fuyant les persécutions, dont la Shoah.
- Plusieurs révoltes arabes éclatent (1929, 1936-39) contre cette immigration et contre l'autorité britannique.
- Les tensions intercommunautaires s'intensifient.
Après la Seconde Guerre mondiale et la révélation de l'extermination de six millions de Juifs européens par l'Allemagne nazie, la pression internationale pour la création d'un État juif devient considérable.
1947 : le plan de partage de l'ONU
Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations unies adopte la résolution 181, qui propose de diviser la Palestine en deux États :
- Un État juif sur 56 % du territoire
- Un État arabe sur 44 % du territoire
- Un statut international spécial pour Jérusalem
Les leaders sionistes acceptent le plan. Les leaders arabes locaux et plusieurs États arabes voisins le rejettent — ils considèrent le partage comme injuste, dans la mesure où la population juive de Palestine ne représentait alors qu'un tiers des habitants pour deux tiers du territoire.
C'est le point de bascule. À partir de là, le conflit devient inévitable.
1948 : la création d'Israël et la Nakba
Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame l'indépendance de l'État d'Israël. Le pays est immédiatement reconnu par les États-Unis et l'Union soviétique.
Le lendemain, les armées de cinq pays arabes voisins — Égypte, Jordanie, Syrie, Liban, Irak — déclarent la guerre à Israël. C'est la première guerre israélo-arabe.
À l'issue de la guerre, les faits suivants sont acquis :
| Conséquences de la guerre de 1948 | Chiffre |
|---|---|
| Territoire conquis par Israël (au-delà du plan de partage ONU) | 78 % de la Palestine mandataire |
| Palestiniens fuyant ou expulsés (la Nakba) | environ 700 000 personnes |
| Villages palestiniens détruits ou vidés | plus de 400 |
| Cisjordanie passe sous contrôle | de la Jordanie |
| Bande de Gaza passe sous contrôle | de l'Égypte |
| Soldats israéliens tués | environ 6 000 |
| Soldats arabes tués | environ 15 000 |
Le mot arabe « Nakba » (catastrophe) désigne pour les Palestiniens cet exode massif. Le 15 mai est, depuis, leur journée de commémoration nationale. Pour les Israéliens, la même date est celle de la création d'un État sur lequel ils s'estiment historiquement fondés à exister.
Les réfugiés palestiniens de 1948 et leurs descendants sont aujourd'hui environ 6 millions. La résolution 194 de l'ONU, adoptée en décembre 1948, demande leur retour ou une juste compensation. Elle n'a jamais été appliquée.

1967 : les territoires occupés
En juin 1967, en six jours, Israël remporte une guerre éclair contre l'Égypte, la Jordanie et la Syrie. Le pays prend possession de :
- La Cisjordanie (territoire palestinien jusque-là administré par la Jordanie)
- Jérusalem-Est (qui contient les principaux lieux saints juifs et musulmans)
- La bande de Gaza (jusque-là administrée par l'Égypte)
- Le plateau du Golan (syrien)
- Le Sinaï (égyptien, restitué en 1979)
C'est ce qu'on appelle la « guerre des Six Jours ». Et c'est à partir de ce moment que la Cisjordanie et la bande de Gaza deviennent ce que l'ONU appelle les « territoires palestiniens occupés ».
La résolution 242 du Conseil de sécurité, adoptée la même année, demande à Israël le retrait de ces territoires en échange de la paix. Elle n'a jamais été appliquée intégralement.
À partir de 1967, la politique de colonisation israélienne commence : des citoyens israéliens vont s'installer en Cisjordanie occupée. Aujourd'hui, ils sont environ 700 000 répartis dans plus de 250 implantations. La quatrième Convention de Genève interdit pourtant à une puissance occupante d'installer sa propre population sur un territoire occupé.
1987-1993 : intifadas et Oslo
À partir de la fin des années 1980, les Palestiniens des territoires occupés se soulèvent contre l'occupation. Cette première intifada (soulèvement, en arabe) dure de 1987 à 1993. Elle se caractérise par des manifestations, des grèves, des jets de pierres, et fait environ 2 200 morts, en grande majorité palestiniens.
C'est dans ce contexte que naît, en 1987, le Hamas — un mouvement islamiste palestinien qui se distingue de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine, fondée en 1964 et dirigée par Yasser Arafat). Le Hamas refuse toute reconnaissance d'Israël et appelle à la destruction de l'État juif.
En 1993, l'OLP et Israël se reconnaissent mutuellement. C'est le moment des accords d'Oslo, signés à Washington en présence du président américain Bill Clinton :
- L'OLP renonce à la lutte armée et reconnaît l'existence d'Israël
- Israël reconnaît l'OLP comme « représentant légitime du peuple palestinien »
- Une Autorité palestinienne est créée pour administrer progressivement certaines zones de Cisjordanie et de Gaza
- Le statut final (frontières définitives, Jérusalem, réfugiés, colonies) est renvoyé à des négociations ultérieures
Ces négociations ultérieures n'ont jamais abouti.
Les acteurs en présence
Pour comprendre la suite, il faut bien identifier qui parle au nom de qui. C'est probablement le point le plus mal compris du conflit dans la presse francophone.
Côté israélien
- L'État d'Israël : démocratie parlementaire fondée en 1948. Capital revendiquée : Jérusalem (statut contesté internationalement). Population : environ 9,9 millions d'habitants en 2026.
- Le gouvernement : depuis 2022, dirigé par Benyamin Netanyahou, leader du parti Likoud (droite). Sa coalition inclut des partis ultra-orthodoxes et de droite radicale.
- Tsahal (Forces de défense d'Israël) : armée de conscription. La quasi-totalité des Israéliens (juifs et druzes) y servent à 18 ans.
Côté palestinien
C'est plus complexe — parce qu'il n'y a pas un seul interlocuteur palestinien.
- L'Autorité palestinienne (AP) : créée en 1994 par les accords d'Oslo. Dirige une partie de la Cisjordanie. Présidée par Mahmoud Abbas (Fatah) depuis 2005. Son mandat aurait dû expirer en 2009. Elle reconnaît Israël.
- Le Fatah : parti politique laïc fondé en 1959, longtemps dirigé par Yasser Arafat jusqu'à sa mort en 2004. Domine l'Autorité palestinienne et l'OLP. Reconnaît Israël.
- Le Hamas : mouvement islamiste fondé en 1987. Contrôle la bande de Gaza depuis 2007. Considéré comme une organisation terroriste par l'Union européenne, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, le Japon et Israël. Ne reconnaît pas Israël.
- Le Jihad islamique palestinien : autre groupe armé islamiste. Allié du Hamas. Également classé organisation terroriste.
| Acteur | Territoire contrôlé | Reconnaît Israël ? |
|---|---|---|
| Autorité palestinienne (Fatah) | Cisjordanie (partielle) | Oui, depuis 1993 |
| Hamas | Bande de Gaza (2007-2025) | Non |
| OLP | Représentation diplomatique | Oui, depuis 1988 |
Cette division interne palestinienne est centrale pour comprendre la suite. Quand on parle de « la Palestine », on ne désigne pas une seule entité politique cohérente.
2007-2023 : Gaza, le blocus, les guerres
En janvier 2006, le Hamas remporte les élections législatives palestiniennes. C'est inattendu. Et c'est le début d'une crise interne au camp palestinien.
En juin 2007, après plusieurs mois d'affrontements, le Hamas prend par la force le contrôle de la bande de Gaza. Le Fatah se replie en Cisjordanie. Depuis cette date, les Palestiniens ont deux gouvernements distincts : Fatah à Ramallah, Hamas à Gaza.
En réaction à la prise de pouvoir du Hamas, Israël et l'Égypte imposent un blocus sur la bande de Gaza : restrictions sur les biens, les personnes, les matériaux de construction. Ce blocus dure depuis 2007.
Entre 2007 et 2023, quatre guerres opposent Israël au Hamas à Gaza :
| Conflit | Année | Bilan palestinien | Bilan israélien |
|---|---|---|---|
| Opération « Plomb durci » | 2008-2009 | environ 1 400 morts | 13 morts |
| Opération « Pilier de défense » | 2012 | environ 170 morts | 6 morts |
| Opération « Bordure protectrice » | 2014 | environ 2 200 morts | 73 morts |
| Conflit de mai 2021 | 2021 | environ 260 morts | 13 morts |
À chaque fois, le scénario est similaire : tirs de roquettes du Hamas vers Israël, riposte militaire israélienne sur Gaza, médiation égyptienne ou qatarie, retour à la situation antérieure. Sans résolution.
7 octobre 2023 : la rupture
Le matin du samedi 7 octobre 2023, jour férié juif de Sim'hat Torah, des combattants du Hamas et d'autres factions palestiniennes franchissent la barrière de sécurité entre Gaza et Israël à plusieurs endroits. Ils attaquent simultanément :
- Le festival de musique Nova (près du kibboutz Re'im)
- Plusieurs kibboutz (Be'eri, Kfar Aza, Nir Oz, etc.)
- Plusieurs bases militaires
Le bilan, confirmé par les autorités israéliennes :
Les attaquants emmènent également 240 otages vers Gaza. Hommes, femmes, enfants, personnes âgées, étrangers. C'est une prise d'otages de masse sans précédent dans l'histoire récente du Proche-Orient.
Israël déclare la guerre au Hamas le jour même. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou annonce une opération militaire visant à détruire le Hamas et à libérer les otages.
2023-2025 : la guerre de Gaza
L'opération militaire israélienne sur la bande de Gaza dure deux ans. Elle constitue, par son ampleur, son intensité et son bilan civil, l'un des conflits les plus meurtriers du XXIᵉ siècle.
Voici les chiffres au moment du cessez-le-feu d'octobre 2025, selon les sources les plus consensuelles :
| Indicateur | Bilan |
|---|---|
| Palestiniens tués (ministère palestinien de la Santé) | environ 65 000 |
| Palestiniens blessés | plus de 165 000 |
| Population déplacée à l'intérieur de Gaza | 1,9 million (sur 2,3 millions) |
| Logements détruits | environ 70 % du parc |
| Hôpitaux fonctionnels (sur 36 avant-guerre) | moins de 10 |
| Soldats israéliens tués au combat | environ 400 |
| Otages israéliens libérés | environ 150 (vivants ou décédés) |
| Otages encore retenus à Gaza fin 2025 | 48 |
Plusieurs étapes ont marqué ces deux années de guerre :
- Octobre-décembre 2023 : invasion terrestre du nord de Gaza
- Janvier-mai 2024 : opération sur le sud, à Khan Younès puis à Rafah
- 2024 : déclaration de famine dans le nord de Gaza par le système de classification IPC, sous-financement humanitaire chronique
- Janvier 2025 : premier cessez-le-feu, libération d'otages, suivi d'une rupture en mars 2025
- Septembre 2025 : la Cour internationale de justice est saisie par l'Afrique du Sud pour qualifier les actions israéliennes de génocide. Procédure en cours.
- 22 septembre 2025 : la France, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et plusieurs autres pays reconnaissent officiellement l'État de Palestine
La question du génocide
Ce mot est probablement celui qui suscite le plus de controverse dans la couverture du conflit. Voici ce qu'il faut savoir, factuellement.
Le génocide est juridiquement défini par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (1948) comme l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux.
En décembre 2023, l'Afrique du Sud dépose une plainte contre Israël devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour génocide. La procédure suit son cours.
En janvier 2024, la CIJ rend une ordonnance préliminaire estimant qu'il existe un risque plausible de génocide à Gaza, et ordonne à Israël de prendre des mesures pour prévenir tout acte génocidaire. Cette ordonnance est une mesure conservatoire, pas un jugement final sur le fond.
En septembre 2025, la commission d'enquête de l'ONU sur les territoires palestiniens occupés conclut qu'Israël commet un génocide à Gaza. Israël rejette catégoriquement cette qualification.
À ce jour, aucune juridiction n'a rendu de jugement définitif sur la question. Le débat juridique est ouvert. Le débat politique est virulent.
10 octobre 2025 : le cessez-le-feu, mais...
Le 10 octobre 2025, après deux ans de guerre, un cessez-le-feu entre en vigueur. Il a été négocié sous la médiation de l'Égypte, du Qatar et des États-Unis — à l'initiative du président américain Donald Trump, élu en novembre 2024 et entré en fonction le 20 janvier 2025.
Le plan, en vingt points, prévoit :
- La libération de tous les otages israéliens encore vivants
- Une libération de prisonniers palestiniens par Israël
- Le retrait progressif des forces israéliennes de Gaza, en trois phases
- L'acheminement intégral de l'aide humanitaire
- Une gouvernance transitoire de Gaza par une autorité internationale, sans le Hamas
- Une reconstruction financée par les États du Golfe
- Le désarmement progressif du Hamas
Six mois après son entrée en vigueur, le bilan est sombre. En avril 2026, cinq grandes ONG humanitaires (Conseil danois pour les réfugiés, Conseil norvégien pour les réfugiés, Oxfam, Refugees International, Save the Children) publient un rapport conjoint qualifiant le cessez-le-feu d'« échec ».
Le bilan cumulé de la guerre, à fin avril 2026, dépasse désormais les 72 000 morts palestiniens et 172 000 blessés. L'aide humanitaire entre toujours au compte-gouttes. Les bombardements ciblés se poursuivent, qualifiés par Israël de « réponse à des activités terroristes », par les ONG de « violations du cessez-le-feu ».
Le 28 avril 2026, le bureau des médias du gouvernement de Gaza recense 2 400 violations du cessez-le-feu par Israël depuis octobre 2025.

La reconnaissance de la Palestine
L'autre événement diplomatique majeur de 2025 est la reconnaissance de l'État de Palestine par une dizaine de pays occidentaux.
Le 22 septembre 2025, à l'Assemblée générale des Nations unies, le président français Emmanuel Macron annonce officiellement que la France reconnaît l'État de Palestine. Il est rejoint par le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie, le Portugal, la Belgique, le Luxembourg, Malte, Monaco, Andorre et Saint-Marin.
C'est un changement diplomatique considérable. Concrètement :
| Indicateur | Avant sept. 2025 | Après sept. 2025 |
|---|---|---|
| États reconnaissant la Palestine | environ 145 | 158 sur 193 |
| Membres permanents du Conseil de sécurité ONU | 3 sur 5 (Russie, Chine, France) | 4 sur 5 |
| Pays du G7 reconnaissant la Palestine | 0 | 3 (France, Royaume-Uni, Canada) |
Les États-Unis restent le seul membre permanent du Conseil de sécurité à ne pas reconnaître la Palestine. Cela signifie que, dans les faits, l'admission pleine et entière de la Palestine comme État membre de l'ONU reste bloquée par le veto américain.
La reconnaissance a une portée politique et diplomatique plus que juridique. Mais elle change la donne : la solution dite « à deux États » (un État israélien et un État palestinien coexistant pacifiquement) redevient l'horizon officiel d'une majorité de la communauté internationale.
Les enjeux qui restent
Pour qu'une paix durable soit envisageable, plusieurs questions devront trouver une réponse. Aucune n'a été résolue par les accords précédents.
1. Les frontières. Lesquelles ? Celles d'avant 1967 (que l'ONU et la majorité de la communauté internationale considèrent comme la base de référence) ? Avec ou sans les colonies israéliennes installées en Cisjordanie depuis ?
2. Jérusalem. Les deux peuples revendiquent la ville comme capitale. Le statut international prévu par l'ONU en 1947 n'a jamais été appliqué. Israël a annexé Jérusalem-Est en 1980, sans reconnaissance internationale.
3. Les réfugiés. Que faire des 6 millions de descendants des Palestiniens expulsés en 1948 ? Israël refuse leur retour, qui reviendrait selon Tel-Aviv à mettre fin au caractère juif de l'État.
4. Le Hamas. Le plan Trump prévoit son désarmement et son exclusion de toute gouvernance future. Mais le mouvement reste populaire dans une partie de la société palestinienne, et son désarmement effectif est loin d'être acquis.
5. Les colonies israéliennes en Cisjordanie. 700 000 colons y vivent. Leur démantèlement, prévu par les accords d'Oslo, n'a jamais été mis en œuvre. Au contraire, leur expansion s'est accélérée depuis 2023.
6. La sécurité d'Israël. Comment garantir qu'aucune attaque comme celle du 7 octobre 2023 ne puisse plus jamais avoir lieu ?
7. La reconstruction de Gaza. Estimée à plus de 80 milliards de dollars, sur dix ans minimum.
Comment lire l'actualité du conflit
Quelques repères utiles pour décrypter ce que vous lisez ou voyez :
- Bilan palestinien : presque toujours fourni par le ministère palestinien de la Santé (basé à Gaza). Les chiffres sont jugés fiables par l'OMS et par la majorité des ONG internationales, même si certains observateurs israéliens les contestent. La distinction civils/combattants n'est pas systématiquement établie.
- Bilan israélien : fourni par les autorités israéliennes ou par Tsahal. La distinction militaires/civils est toujours établie.
- Sources humanitaires : OCHA (ONU pour la coordination humanitaire), MSF, CICR, UNRWA, OMS.
- Sources juridiques : Cour internationale de justice (CIJ), Cour pénale internationale (CPI), commissions d'enquête de l'ONU.
- Médias israéliens fiables : Haaretz, Times of Israel, Yedioth Ahronoth.
- Médias palestiniens fiables : Al Jazeera English, Al-Quds, Wafa.
- Médias internationaux à recouper : BBC, Le Monde, The Guardian, Reuters, AP.
Notre conseil : toujours croiser au moins trois sources de sensibilités éditoriales différentes avant de se forger une opinion.
Pour aller plus loin
Cet article est un guide d'entrée. Pour approfondir, voici quelques ressources reconnues pour leur sérieux :
- Rashid Khalidi, La Question de Palestine (historien palestino-américain de Columbia)
- Tom Segev, 1967, six jours qui ont changé le monde (historien israélien)
- Le Monde diplomatique : dossiers thématiques en accès partiel libre
- Documentaires France 5 / Arte sur l'histoire du conflit
- Cours du Collège de France (Henry Laurens, chaire d'histoire contemporaine du monde arabe)
- Rapports d'ONG : Human Rights Watch, Amnesty International, B'Tselem (israélienne), Al-Haq (palestinienne)
Aucune de ces sources n'est neutre — elles ont toutes leurs angles. Mais elles sont rigoureuses. Et c'est en les lisant toutes qu'on commence à comprendre.
La vraie question
Israël et Palestine se disputent depuis 78 ans une terre que deux peuples considèrent comme la leur, pour des raisons historiques, religieuses et politiques toutes légitimes du point de vue de chacun.
Les chiffres bruts disent une violence asymétrique. Les vies perdues — 1 200 Israéliens le 7 octobre, plus de 72 000 Palestiniens depuis — ne sont pas comparables sur le plan numérique. Mais elles ont toutes la même valeur humaine. C'est précisément ce que rappellent toutes les conventions internationales : la vie d'un civil israélien et celle d'un civil palestinien valent exactement autant.
Comprendre ce conflit, ce n'est pas choisir un camp. C'est refuser le confort de la simplification. C'est admettre que l'histoire est complexe, que les torts sont partagés, que les souffrances sont réelles des deux côtés.
Et c'est se demander, comme ont commencé à le faire 158 États sur 193 : comment fait-on, concrètement, pour qu'à la fin, deux peuples puissent vivre côte à côte ?
L'histoire nous dit que la réponse n'est pas militaire. Elle est diplomatique. Et elle reste, à ce jour, à écrire.
Sources principales
- Nations unies — Question de Palestine
- OCHA — Situation humanitaire à Gaza
- Cour internationale de justice — Affaire Afrique du Sud c. Israël
- OHCHR — Bilan humanitaire à Gaza, avril 2026
- Liste des pays reconnaissant l'État de Palestine — Wikipédia
- B'Tselem — Centre d'information israélien pour les droits de l'homme dans les territoires occupés
- Al-Haq — Organisation palestinienne de défense des droits humains
- Human Rights Watch — Israël et Palestine
- Amnesty International — Israël et territoires palestiniens occupés
- Conseil norvégien pour les réfugiés / Oxfam / Save the Children — Bilan du cessez-le-feu de Gaza, avril 2026
- Vie publique — Reconnaissance de la Palestine par la France, 22 septembre 2025
Cet article sera mis à jour à mesure que la situation évolue. Si vous estimez qu'un point mériterait d'être nuancé ou complété, écrivez-nous à hello@kero.media.

